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Plastiques cachés : 9 sources insoupçonnées qui pèsent sur votre immunité



Vous avez banni les bouteilles en plastique, vous faites vos courses avec un sac réutilisable, vous conservez vos restes dans des bocaux en verre. Bravo, ce sont d'excellents réflexes. Mais si nous vous disions que votre principale source d'exposition au BPA n'est probablement aucune de celles-là ?


Dans notre quotidien moderne, le plastique se cache là où on l'attend le moins : au contact direct de notre peau, de nos muqueuses, de nos aliments, et même dans l'air que nous respirons. Et pour les personnes vivant avec une maladie auto-immune, cette exposition invisible mais répétée mérite toute notre attention.


Pourquoi les plastiques cachés concernent particulièrement les personnes auto-immunes

Avant de passer en revue ces sources cachées, comprenons pourquoi ce sujet est central dans une approche fonctionnelle des maladies auto-immunes.


Le BPA (bisphénol A) est un perturbateur endocrinien reconnu, classé substance extrêmement préoccupante par l'Agence européenne des produits chimiques. De nombreux plastiques ont par ailleurs une activité dite œstrogénique : ils miment nos propres hormones et brouillent les signaux que reçoit notre organisme.


Or la recherche s'intéresse de près au rôle des microplastiques et des perturbateurs endocriniens dans trois mécanismes que vous connaissez bien si vous suivez BEAI :


  • L'inflammation chronique de bas grade, terrain commun à la plupart des pathologies auto-immunes

  • La perméabilité intestinale (l'intestin poreux), porte d'entrée de nombreux déclencheurs immunitaires

  • Le dérèglement hormonal, sachant que les hormones, en particulier les œstrogènes, modulent directement la réponse immunitaire


Chaque exposition prise isolément est minime. Mais c'est l'accumulation, jour après jour, année après année, qui alourdit la charge toxique totale que votre corps doit gérer. Réduire cette charge, c'est libérer des ressources pour ce qui compte vraiment : la régulation immunitaire et la réparation.


Voyons maintenant où se cachent ces plastiques, et surtout, par quoi les remplacer.



1. Les tickets de caisse

Commençons par le point qui surprend le plus : la principale voie d'exposition au BPA n'est pas la bouteille en plastique, c'est le ticket de caisse. Le papier thermique sur lequel il est imprimé en est très chargé, il est chauffé au moment de l'impression, et nous le manipulons toujours à mains nues. Le BPA (ou son cousin le BPS, tout aussi problématique) traverse alors directement la barrière cutanée.


L'alternative : optez pour le reçu par email quand c'est possible, et si vous n'en avez pas besoin, demandez au commerçant de le jeter. Si votre métier vous impose d'en manipuler beaucoup (caisse, comptabilité), lavez-vous les mains régulièrement, et redoublez de vigilance pendant la grossesse.






2. Le papier toilette et l'essuie-tout

Voilà une source que presque personne ne soupçonne. Le papier toilette et l'essuie-tout, souvent fabriqués à partir de papier recyclé (dont... des tickets de caisse, justement), peuvent contenir du BPA.


Le problème ? Nous utilisons ces papiers sur les zones les plus intimes du corps, pour essuyer des surfaces où nous préparons nos repas, ou pour nous moucher quand nous sommes malades. Autant de portes d'entrée directes pour ces composés.


L'alternative : le papier en bambou non blanchi et non teinté, aujourd'hui facile à trouver, qui permet d'éviter le BPA ainsi que les agents blanchissants et colorants du papier conventionnel.



3. Les lames de rasoir

Les rasoirs multi-lames modernes contiennent une longue liste d'ingrédients dérivés du pétrole et du plastique, entre les bandes lubrifiantes et les composés "anti-irritation" appliqués sur une peau fraîchement rasée, donc particulièrement perméable.


Et attention, même en passant au rasoir de sûreté, les lames sont souvent recouvertes d'un polymère plastique.


L'alternative : un rasoir de sûreté avec des lames non revêtues. Cherchez les mentions "plastic-free" ou "uncoated". Ces lames rouilleront peut-être un peu plus vite, mais vous éliminez une exposition cutanée quasi quotidienne.





4. Les protections menstruelles

Beaucoup de femmes connaissent les inconvénients des sous-vêtements en polyester, mais peu pensent à vérifier la composition de leurs protections périodiques. Serviettes et tampons conventionnels peuvent contenir du BPA, des colles et divers plastiques, en contact prolongé avec une muqueuse particulièrement absorbante, plusieurs jours par mois, pendant des décennies.


Pour les femmes vivant avec une pathologie sensible aux œstrogènes (endométriose, thyroïdite, lupus et autres maladies auto-immunes à prédominance féminine), réduire cette source de xénoestrogènes est un levier simple et concret.


L'alternative : les protections en coton biologique sans plastique, jetables ou réutilisables, ou les culottes menstruelles en fibres naturelles.




5. Les sachets de thé

Un sachet de thé, ce n'est que du papier, non ? Malheureusement pas. Les sachets contiennent souvent des microplastiques et des colles, en particulier les sachets pyramides "premium" en nylon ou PET. Une étude canadienne a montré qu'un seul sachet infusé à 95°C peut libérer des milliards de particules de microplastiques et nanoplastiques dans votre tasse. La chaleur favorise justement la libération de ces particules... que vous buvez ensuite.


L'alternative : le thé en vrac avec un infuseur en inox. Souvent meilleur en goût, plus économique, et zéro plastique.



6. Les gobelets à café et les conserves

Les gobelets à café jetables "en carton" sont doublés d'un film de polyéthylène, y compris ceux vendus comme "biodégradables". Combiné à une boisson brûlante, c'est la recette idéale pour la migration de particules.


Même logique pour les canettes et boîtes de conserve : leur intérieur est tapissé d'une résine plastique, souvent à base de BPA ou de ses substituts. Et l'acidité de certains aliments (les tomates en conserve par exemple) accélère la migration dans l'aliment.


L'alternative : votre propre tasse réutilisable (ou quelques minutes pour déguster sur place), et côté cuisine, privilégiez le frais, le surgelé et les bocaux en verre plutôt que les conserves, surtout pour les aliments acides.






7. Le chewing-gum

C'est peut-être le plus méconnu du grand public : la "gomme base" de la quasi-totalité des chewing-gums du marché est constituée de polymères synthétiques, proches du plastique des pneus et des bouteilles. Autrement dit, vous mâchez du plastique, absorbé via la salive et introduit dans l'intestin, sans compter les édulcorants et additifs qui accompagnent souvent la formule.


L'alternative : la gomme de mastic, une résine naturelle issue d'arbres des îles grecques. Non seulement elle est sans plastique, mais elle présente un intérêt réel pour la santé digestive et bucco-dentaire : antimicrobienne, elle est notamment étudiée pour son action sur H. pylori. Un échange gagnant sur toute la ligne, surtout quand on travaille sur son intestin.



8. Les vêtements synthétiques

Polyester, nylon, acrylique, élasthane : ce sont des fibres plastiques, que nous portons à même la peau toute la journée. À chaque lavage, elles libèrent des centaines de milliers de microfibres dans l'eau, qui finissent dans les océans et dans la chaîne alimentaire. Et au quotidien, ces microfibres se retrouvent aussi dans les poussières de nos intérieurs, donc dans l'air que nous respirons.


L'alternative : privilégiez les fibres naturelles (coton, lin, chanvre, laine), en particulier pour les sous-vêtements et les vêtements de nuit. Pour vos vêtements synthétiques existants (le sport notamment), un sac de lavage filtrant type Guppyfriend retient une grande partie des microfibres.



9. Les lingettes jetables

Malgré leur aspect "papier" ou "coton", la plupart des lingettes (bébé, démaquillantes, ménagères) sont un mélange de coton et de polyester, imbibé de conservateurs et de parfums. Du plastique et des composés chimiques, appliqués directement sur votre peau, celle de vos enfants, ou sur vos surfaces de cuisine.


L'alternative : le bon vieux gant de toilette, les lingettes lavables en coton ou en bambou, et un simple duo eau-savon ou une huile végétale pour le démaquillage.





Par où commencer, sans tomber dans l'obsession

Tout ceci n'a pas pour but de vous faire peur, mais de vous informer. Il est impossible d'atteindre le zéro plastique aujourd'hui, et ce n'est pas l'objectif. Une exposition ponctuelle ne fera pas dérailler votre santé. C'est l'exposition répétée, quotidienne, sur des années, que nous cherchons à réduire.


Nos suggestions : choisissez un ou deux changements cette semaine, les plus simples pour vous. Le refus du ticket de caisse et le thé en vrac sont d'excellents points de départ, quasi gratuits. Puis, au fil des mois, remplacez les autres produits au rythme naturel de vos rachats : le prochain paquet de papier toilette en bambou, les prochaines protections en coton bio, le prochain pyjama en fibres naturelles.


Chaque petit échange réduit la charge que votre système immunitaire doit gérer. Et c'est exactement ce dont il a besoin pour retrouver son équilibre.




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Article rédigé par : Laurane Chemanda, Fondatrice de BEAI



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