Lumière rouge et maladies auto-immunes : que dit la science aujourd’hui
- anneclairedumont2
- 18 févr.
- 6 min de lecture

Les maladies auto-immunes regroupent un large ensemble de pathologies dans lesquelles le système immunitaire attaque les propres tissus de l’organisme, entraînant inflammation chronique, douleurs, fatigue et dysfonctionnement immunitaire. Dans ce contexte, certaines approches complémentaires comme la photobiomodulation (plus connue sous le nom de thérapie par lumière rouge) sont explorées pour leurs effets anti-inflammatoires, immunomodulateurs et métaboliques. Elle pourrait aussi contribuer à la régulation du sommeil, à la réduction du stress et à l’amélioration de l’humeur, soutenant ainsi la santé globale et la qualité de vie, en particulier chez les personnes vivant avec des maladies auto‑immunes.
Cet article présente un aperçu des connaissances actuelles sur la photobiomodulation (PBM) et ses effets documentés dans la littérature scientifique.
Qu’est-ce que la lumière rouge ou photobiomodulation ?
La photobiomodulation (PBM) repose sur l’utilisation de lumières rouge et proche infrarouge (environ 600–1000 nm) qui pénètrent les tissus sans endommager l’ADN (contrairement aux ultraviolets) et interagissent avec des structures cellulaires, notamment les mitochondries. L’enzyme cytochrome c oxydase absorbe ces photons, ce qui peut augmenter la production d’ATP (énergie cellulaire), réduire le stress oxydatif et moduler des voies de signalisation cellulaires impliquées dans la réponse inflammatoire et immunitaire.
Une revue publiée dans AIMS Biophysics décrit comment cette thérapie influence l’ATP, les espèces réactives de l’oxygène et des facteurs de transcription impliqués dans la survie cellulaire, la migration et la réparation, tout en montrant une réduction marquée de l’inflammation dans de nombreux modèles expérimentaux (Michael R Hamblin, Aims Biophys, 2017).
Mécanismes biologiques pertinents pour l’auto-immunité
Modulation de l’inflammation
L’un des effets biologiques les plus documentés de la photobiomodulation est sa capacité à réduire les marqueurs pro-inflammatoires et à stimuler certains marqueurs anti-inflammatoires. Dans un modèle expérimental chez la souris, l’exposition régulière à des lumières rouge/infrarouge a réduit l’expression de cytokines pro-inflammatoires (par exemple IL-1β et IL-18) tout en augmentant des cytokines anti-inflammatoires comme IL-10 (Shirin Shamloo et al., Front Neurosci. 2023).
Une revue complète récente publiée en 2025 conclut que la PBM a des effets immunomodulateurs profonds sur des cellules clés du système immunitaire, notamment les macrophages, les lymphocytes T et les cellules dendritiques, en modifiant des voies de signalisation cellulaire et en influençant la production de médiateurs inflammatoires (Osama Fekry Al Balah et al., Lasers in medical science, 2025).
Effets mitochondriaux et énergie cellulaire
La stimulation mitochondriale par la lumière rouge conduit à une augmentation de la production d’ATP dans les cellules, fournissant ainsi une énergie plus élevée pour les processus cellulaires essentiels, y compris la réparation tissulaire et la régulation des réponses immunitaires. Cette énergie accrue peut favoriser une fonction immunitaire mieux calibrée (Osama Fekry Al Balah et al., Lasers in medical science, 2025).
Domaines où les données sont les plus étudiées
Il est important de distinguer les domaines où la lumière rouge dispose de données relativement solides de ceux où les preuves restent exploratoires.
Dermatologie
Les applications cutanées constituent l’un des champs les plus documentés : cicatrisation, acné inflammatoire, psoriasis, dermatites. Les bénéfices observés concernent surtout la régénération tissulaire et la réduction de l’inflammation locale.
Une revue narrative récente montre que cette approche peut être associée à la “cicatrisation des plaies, à la réduction des cicatrices, à l’amélioration de certains signes inflammatoires cutanés et à des effets positifs sur des affections comme l’acné ou le psoriasis”, en grande partie grâce à des effets profonds sur les cellules cutanées, la microcirculation et les voies inflammatoires (Maria Luisa Hernández-Bule et al., International Journal of Molecular Sciences, 2024).
De même, des données publiées suggèrent que les longueurs d’onde rouge et proche infrarouge peuvent pénétrer suffisamment la peau pour exercer des effets biologiques pertinents et pourraient contribuer à la réduction de l’inflammation locale et au soutien de la réparation tissulaire (Ping Zhang et Mei X Wu, Lasers Medical Science, 2017).

Douleurs articulaires et inflammations locales
La littérature sur les douleurs articulaires, les tendinites et certaines formes d’arthrite est relativement fournie. Les résultats suggèrent une diminution de la douleur et une amélioration fonctionnelle modérée dans certains cas. Cela ne signifie pas un arrêt de la maladie, mais un possible soutien symptomatique.
La photobiomodulation a été étudiée dans des contextes inflammatoires comme l’arthrite rhumatoïde et d’autres formes de douleurs articulaires chroniques. Des études cliniques non randomisées et revues montrent que des traitements PBM peuvent réduire la douleur et améliorer certains symptômes inflammatoires, bien que la qualité des essais varie et que les preuves restent modérées (Jalal Maghfour MD, MS et al., Journal of the American Academy of Dermatology, 2024).
Une revue systématique de 15 méta-analyses incluant plus de 9000 participants indique que la photobiomodulation a des effets significatifs pour certains problèmes liés à l’inflammation, tels que la réduction de la douleur dans des conditions comme la fibromyalgie ou l’arthrose du genou, bien que la certitude des preuves pour plusieurs autres indications reste faible à modérée. (Yejun Son et al., Syst. Rev, 2025)
Neurologie et neuro-inflammation
Des recherches explorent l’usage de la photobiomodulation dans des troubles neurologiques et neurodégénératifs. Bien que ces travaux ne ciblent pas toujours des maladies auto-immunes spécifiques, ils suggèrent un potentiel effet sur l’inflammation du système nerveux et la plasticité neuronale.
Sommeil et stress
Certaines études suggèrent que l’exposition à la lumière rouge en soirée peut favoriser un sommeil plus profond et réparateur, en influençant positivement les rythmes circadiens et la production de mélatonine. Un sommeil de qualité est essentiel pour le fonctionnement optimal du système immunitaire et pour limiter l’inflammation chronique, deux enjeux majeurs dans les maladies auto‑immunes (Anindita Das,, Rishikesh Narayanan, J. Physiol, 2015).
La lumière rouge pourrait également avoir des effets bénéfiques sur la régulation du stress et la réduction des symptômes de fatigue ou de dépression légère. En améliorant la production d’énergie cellulaire et en réduisant certains marqueurs inflammatoires, elle favorise la résilience physiologique et psychologique, contribuant ainsi à un bien-être général (Lukas Klimmasch et al., Elife, 2017).
Intégration de la lumière rouge dans une prise en charge globale
La photobiomodulation peut être considérée comme un complément potentiel dans une stratégie globale de prise en charge des maladies auto-immunes. Dans cette démarche, il est crucial de prendre en compte les différents piliers du Protocole AIP tels que l’alimenation, la gestion du stress et le sommeil.
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Limites et précautions
Malgré ces éléments prometteurs, plusieurs points doivent être soulignés :
Absence de preuves cliniques robustes pour la plupart des maladies auto-immunes : les données humaines sont encore nombreuses études pilotes ou modèles expérimentaux plutôt que grandes études randomisées démontrant une efficacité systémique.
Variabilité des protocoles : la longueur d’onde, l’intensité, la durée des séances et la fréquence influencent fortement les effets, ce qui complique la standardisation des traitements.
Pas un traitement curatif : les résultats observés ne signifient pas que la PBM guérit une maladie auto-immune, elle pourrait atténuer certains symptômes liés à l’inflammation ou soutenir la réparation locale, mais ne remplace pas les traitements médicaux établis.
Enfin, il est important de distinguer la lumière rouge thérapeutique des sources de lumière courantes (comme des lampes chauffantes ou des LED domestiques non calibrées scientifiquement) qui ne produisent pas nécessairement les mêmes effets biologiques mesurables.
Conclusion
La photobiomodulation par lumière rouge repose sur des mécanismes biologiques fondés : modulation de l’inflammation, soutien mitochondrial et réparation tissulaire, qui suscitent un intérêt scientifique croissant. Même si les preuves cliniques spécifiques aux maladies auto-immunes restent encore limitées, les résultats observés dans d’autres contextes inflammatoires sont encourageants !
Utilisée comme approche complémentaire, et intégrée à une prise en charge globale incluant suivi avec un ou une professionnel.le de santé et hygiène de vie adaptée, la lumière rouge peut représenter un outil supplémentaire pour soutenir le confort et la qualité de vie. Non invasive et en plein développement scientifique, elle s’inscrit comme une piste prometteuse dans une vision plus intégrative de la santé.
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Sources
Michael R Hamblin, Aims Biophys, 2017 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28748217/
Shirin Shamloo et al., Front Neurosci. 2023 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10115964/
Osama Fekry Al Balah et al., Lasers in medical science, 2025 : https://link.springer.com/article/10.1007/s10103-025-04417-8
Jalal Maghfour MD, MS et al., Journal of the American Academy of Dermatology, 2024 :https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0190962224001865
Yejun Son et al., Syst. Rev, 2025 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40770824/
Maria Luisa Hernández-Bule et al., International Journal of Molecular Sciences, 2024 : https://www.mdpi.com/1422-0067/25/8/4483
Ping Zhang et Mei X Wu, Lasers Medical Science, 2017 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5756569/
Lukas Klimmasch et al., Elife, 2017 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34402429/
Anindita Das,, Rishikesh Narayanan, J. Physiol, 2015 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26018187/ .
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Article rédigé par : Anne-Claire Dumont, Rédactrice BEAI & Naturopathe
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