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La thyroïde, chef d'orchestre de notre corps (2/3)



Qu'est-ce que l'hypothyroïdie

Dans l’article précédent, nous avons évoqué la thyroïde en général et les maladies causées par un excès ou un défaut de production d’hormones thyroïdiennes, entre autres.


Nous allons maintenant nous centrer sur la maladie de la thyroïde la plus fréquente et la plus connue, l’hypothyroïdie auto-immune d’Hashimoto. Avant cela, présentons l’hyperthyroïdie auto-immune, qui est la maladie « inverse » de l’hypothyroïdie : la glande thyroïde produit des hormones thyroïdiennes en excès.


Hyperthyroïdie de Graves ou Basedow :

La cause la plus fréquente de l’hyperthyroïdie chronique est la maladie de Basedow (Graves') : des auto-anticorps attaquent par erreur les récepteurs de la TSH (hormone stimulante de la thyroïde). Les hormones thyroïdiennes T3 et T4 sont élevées, la TSH est basse.


Symptômes de l’hyperthyroïdie : Ils sont nombreux ! Sauts d’humeur, anxiété, fatigue, palpitations, perte de poids, augmentation de la fréquence cardiaque, transpiration, intolérance à la chaleur, faiblesse musculaire, perte osseuse, réduction de la fertilité, baisse de la concentration, altération de la peau, des ongles et des cheveux, irritabilité, nervosité, labilité émotionnelle…


Traitement : le plus souvent, un traitement antithyroïdien de synthèse est proposé.


Hypothyroïdie d’Hashimoto :

Contrairement à l’hyperthyroïdie, dans le cas de l’hypothyroïdie, la glande thyroïde ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes. Les causes les plus fréquentes sont un manque d’iode ou une activité auto-immune.


Dans ce cas, des auto-anticorps attaquent la thyroglobuline (TG) et la thyroperoxydase (TPO), ce qui entraîne une réduction de la production d’hormones et une destruction progressive de la glande. La T3 et la T4 sont basses, la TSH est élevée.


La prévalence de la maladie d’Hashimoto s’élève à 1 à 4 % de la population adulte, et même bien plus, selon les sources. Elle est plus présente chez les femmes, et sa prévalence augmente avec l’âge. Les causes de cette maladie chronique sont multifactorielles. Le traitement hormonal substitutif (lévothyroxine) doit être administré à vie.


Voici d’autres pathologies thyroïdiennes :


Goitre : Il s’agit d’une augmentation de la taille de la thyroïde en raison d’une augmentation de la TSH. Il est causé par une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie et/ou un manque d’iode. La TSH stimule la glande, qui grossit sans augmentation des taux d’hormone circulante par manque d’iode.


Hypothyroïdie frustre : la TSH est élevée et la T4 se situe dans les valeurs « normales ».


Nodules ou cancer papillaire ou folliculaire : À détecter par échographie et biopsie.



Symptômes de l'hypothyroïdie

Les hormones thyroïdiennes atteignent toutes les cellules du corps. Leur production insuffisante affecte donc potentiellement tout l’organisme, et conduit à des symptômes tels que : problèmes de croissance, retard de puberté, menstruation irrégulière, aménorrhée, galactorrhée, stérilité, peau froide et sèche, visage gonflé, voix rauque, cheveux fragiles, bradycardie, hypothermie, ralentissement du métabolisme, augmentation du cholestérol et des triglycérides, altérations gastrointestinales, psychologiques, du sommeil, fatigue, douleurs, etc.


Quels test effectuer ?

Les tests recommandés pour diagnostiquer (ou écarter) une thyroïdite d’Hashimoto sont les suivants :

  • Palpation (pour détecter un goitre ou une altération dans la forme de la thyroïde).

  • Tests sanguins : doser la T3, la T4 (totales et libres) et la TSH. Si la TSH est élevée, cela signifie que la thyroïde ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes, et vice-versa.

  • Dosage des anticorps anti-TPO et anti-TG, en cas de suspicion de la maladie auto-immune d’Hashimoto.

  • Échographie, dans le cas de nodules, ou afin de vérifier une éventuelle modification de la taille ou de la forme de la glande.

  • Iode radioactif, pour observer par scanner d’éventuelles anomalies.

  • Biopsie, en cas de suspicion de cancer.

Ces tests sont à demander à votre médecin traitant ou à votre endocrinologue.


Quels traitement adopter ?

En cas de TSH, de T3 et de T4 élevées, ainsi que d’auto-anticorps positifs, votre médecin vous proposera certainement un traitement hormonal substitutif à base de lévothyroxine (nom commercial en France : Lévothyrox) en comprimés, mais il existe d’autres traitements complémentaires, comme le traitement combiné T4/T3, la T3, le traitement à base de T4 en gouttes, etc.


Le traitement de première intention de la maladie d’Hashimoto est la thérapie de substitution aux hormones thyroïdiennes par hormone synthétique T4 seule. Le but de ce traitement est de normaliser les valeurs thyroïdiennes et d’atteindre l’euthyroïdie, ainsi que d’atténuer les signes et symptômes de la maladie.


La thérapie de suppression (ablation partielle ou totale de la thyroïde) a pour but de prévenir la croissance de tissu thyroïdien en cas de goitre ou de cancer.


Lévothyroxine (T4 synthétique)

Mise sur le maché en 1949, la lévothyroxine est le traitement le plus utilisé pour traiter l’hypothyroïdie. Ses effets positifs sont la réduction des symptômes d’hypothyroïdie, peu d’effets secondaires, la facilité d’administration, une bonne absorption intestinale et un faible coût.


Le dosage de la lévothyroxine doit être calculé selon l’activité résiduelle de la glande thyroïde, le poids du patient, l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle, le taux de TSH… Ce dosage doit être ajusté régulièrement pour atteindre l’euthyroïdie.


Ce traitement est à vie. Il est important de le prendre tous les jours à heures fixes, à jeun. Observer certaines précautions pour en améliorer l’absorption : éviter de prendre la lévothyroxine avec du pamplemousse, du café, des aliments à haute teneur en fibre, du soja, etc. Éviter également de la prendre avec d’autres médicaments, pour éviter d’éventuels problèmes d’interférence.


Toujours conserver le médicament à température ambiante, protégé de fortes variations de températures. Ne pas l’exposer au soleil et respecter la date limite d’utilisation.


L’absorption de la lévothyroxine peut être altérée en cas de troubles gastro-intestinaux comme dans le cas de la maladie cœliaque, de maladies intestinales inflammatoires, gastrite, intestin irritable, chirurgie bariatrique, intolérance aux excipients présents dans le médicament, etc.


La lévothyroxine existe en comprimés ou sous forme liquide.


Chez les patientes enceintes, le dosage de lévothyroxine doit être augmenté au début du troisième trimestre de grossesse (consulter votre médecin traitant).



Autres traitements

Thérapie combinée T4/T3 :

Certains patients qui n’obtiennent pas de résultats satisfaisants avec la T4 synthétique (lévothyroxine) peuvent opter pour le traitement combiné T3/T4 (nom commercial en France, âEuthyral). Ce traitement a pour but d’optimiser le taux de T3 et de réduire les symptômes d’hypothyroïdie. Il est difficile d’ajuster le dosage de la T3 dans ce traitement combiné T3/T4.


Monothérapie T3 :

Ce traitement par T3 (liothyronine) existe en France sous le nom commercial Cynomel. Ce traitement est délicat à prendre seul, car le dosage de la T3 est très difficile à évaluer. Il peut être pris en association avec le traitement de T4 (lévothyroxine).


Extraits secs de thyroïde animale :

Ce traitement, apprécié par certain.es patient.es outre-Atlantique, peu commun en France.


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Il est important de bien connaître sa maladie et les traitements correspondants afin de mieux la gérer au quotidien. Dans le prochain article, nous aborderons l’approche nutritionnelle de l’hypothyroïdie auto-immune, avec des conseils d’alimentation et de mode de vie.



Références

  1. Calvo OL de, Santos LC de. EXPERTOS EN FISIOLOGÍA: RESUMEN DE LO QUE DEBES SABER DE LAS HORMONAS TIROIDEAS. Rev Méd Científica. 2020;33(2):31-45. https://scielo.isciii.es/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S2444-79862020000300002

  2. Introducción a la glándula tiroidea - Trastornos hormonales y metabólicos [Internet]. Manual MSD versión para público general. https://www.msdmanuals.com/es/hogar/trastornos-hormonales-y-metab%C3%B3licos/trastornos-de-la-gl%C3%A1ndula-tiroidea/introducci%C3%B3n-a-la-gl%C3%A1ndula-tiroidea

  3. Santiago-Peña LF. Fisiología de la glándula tiroides. Disfunción y parámetros funcionales de laboratorio en patología de tiroides. Rev ORL. septiembre de 2020;11(3):253-7. https://scielo.isciii.es/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S2444-79862020000300002

  4. Jonklaas J. Optimal Thyroid Hormone Replacement. Endocr Rev. 9 de marzo de 2022;43(2):366-404. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34543420/

  5. Epidemiología global del hipertiroidismo e hipotiroidismo. https://www.intramed.net/96139/Epidemiologia-global-del-hipertiroidismo-e-hipotiroidismo

  6. Tratamiento Con Hormona Tiroidea. American Thyroid Association. https://www.thyroid.org/tratamiento-hormona-tiroidea/


 

Alice Dénoyers


Diététicienne-nutritionniste, spécialisée dans la psycho-neuro-immunologie et coach en alimentation anti-inflammatoire (AIP).



Retrouvez Alice sur Instagram, son groupe FB, et sur son site Internet) (en espagnol).



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